Résumé
Diriger une très petite entreprise (TPE) en milieu rural engage une responsabilité qui dépasse le seul registre marchand. Cette étude examine la contribution de leurs dirigeants à la vie locale, à partir d’un questionnaire auprès de 893 dirigeants et de dix-neuf entretiens conduits auprès de chefs d’entreprise et d’élus engagés. Les résultats montrent un ancrage territorial fort et valorisé. Beaucoup de dirigeants ont grandi sur place et n’en sont jamais partis. Si la ruralité conjugue atouts et contraintes, elle est rarement vécue comme un handicap, même si les difficultés de recrutement restent le principal frein. Cet ancrage nourrit des réseaux de confiance qui atténuent la solitude de la fonction et soutiennent l’activité. Les relations avec les habitants et les autres entreprises sont jugées bonnes, mais plus nuancées avec les pouvoirs publics, dont l’accompagnement recèle encore des marges de progression. L’engagement local est réel, bien qu’inégal. Le soutien au tissu associatif et l’accueil des jeunes en formation sont largement partagés, la coopération entre entreprises et l’exercice de responsabilités électives restant le fait d’une minorité active. Là où des cadres partagés existent, cette coopération s’enclenche et rompt l’isolement. L’étude met ainsi en évidence l’écart entre une proximité géographique déjà acquise et une proximité organisée à construire, faite de cadres collectifs et de lieux de concertation. Nombre de dirigeants se reconnaissent d’ailleurs une responsabilité envers leur territoire. Des pistes de réflexion sont proposées pour bâtir cette proximité organisée, à l’échelle communale comme intercommunale et convertir un attachement partagé en capacité d’agir collective.






